Financement de la Formation Professionnelle : Guide Complet et Solutions

Bon nombre d’entreprises ont compris l’intérêt que présente la montée en compétences des actifs pour leur productivité. En revanche, le financement de la formation professionnelle demeure un enjeu majeur, tant pour les individus que pour les organisations. Quels sont les dispositifs pour renforcer son niveau de compétence ou pour soutenir une reconversion professionnelle ? À qui s’adressent-ils ? Petit tour d’horizon des solutions disponibles pour s’adapter au marché de l’emploi.
Introduction au Financement de la Formation Professionnelle
Pourquoi financer sa formation ?
La formation professionnelle continue participe pleinement au maintien des actifs dans leur emploi, mais favorise également leur évolution de carrière et leur mobilité professionnelle. Cependant, actualiser ses compétences ou en acquérir de nouvelles représentent un coût significatif.
C’est pourquoi la question du financement de la formation professionnelle est au cœur de tout plan de carrière, qu’il s’agisse d’évoluer dans son métier ou encore d’opérer une reconversion professionnelle.
Pour rester compétitif sur le marché du travail, le salarié peut choisir de financer sa formation sur ses propres deniers. Il ne dépend alors d’aucune commission et gagne un temps précieux sur la procédure de validation.
Il peut également faire appel à son compte personnel de formation (CPF) s’il ne dispose pas des moyens suffisants pour couvrir les frais inhérents au cursus choisi. Enfin, il peut également solliciter son employeur pour soutenir financièrement son effort d’apprentissage.
Les enjeux du financement pour les professionnels
Le financement de la formation professionnelle ne bénéficie pas seulement aux salariés. Les entreprises y tirent également profit à différents égards. Dans un premier temps, cela leur permet de répondre à leur obligation légale de contribuer à :
- la formation professionnelle (CFP) à hauteur de 0,55 % ou 1 % de la masse salariale brute selon l’effectif de l’organisation ;
- la taxe d’apprentissage.
D’autre part, les employeurs sont également tenus d’accompagner leurs salariés tout au long de leur carrière, afin de les aider à faire face aux grandes mutations technologiques, socio-économiques et sectorielles.
En participant au financement de la formation professionnelle, les entreprises s’engagent aux côtés de leurs collaborateurs pour leur montée en compétences. Ce faisant, elles gagnent en productivité et fidélisent les talents autour du projet d’entreprise.
Les Principaux Dispositifs de Financement
Divers dispositifs existent pour financer l’acquisition de nouvelles compétences. Ils ont pour but de maintenir l’employabilité des actifs et de les rendre adaptables aux contraintes qu’impose leur poste de travail.
Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Il s’agit du premier dispositif que le salarié peut mobiliser à sa convenance, en fonction des ressources dont il dispose sur son compte. En effet, seul le salarié peut prendre l’initiative d’utiliser son CPF pour financer son besoin individuel en formation. Ni l’employeur, ni aucun organisme ne peut l’y contraindre.
À savoir que depuis le 1er janvier 2025, une participation forfaitaire du salarié est requise. Celle-ci s’élève à 102,23 €.
Comment est alimenté le CPF ?
Les droits des salariés au CPF sont approvisionnés chaque début d'année civile. Le salarié exerçant à temps plein se voit alors attribuer un montant annuel de 500 € au titre des droits acquis sur l’année antérieure, dans la limite du plafond de 5 000 €.
Le calcul des droits est à ajuster sur la base des données fournies par la DADS (déclaration annuelle des données sociales) ou par la DSN (déclaration sociale nominative) réalisée par l’employeur.
Formations éligibles au CPF
Conformément à la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018, les formations éligibles au dispositif CPF doivent viser l’un des objectifs suivants :
- acquisition d’une qualification (diplôme, titre professionnel, certification, etc.) ;
- acquisition du socle de connaissances et de compétences professionnelles CléA ;
- accompagnement pour la validation des acquis et de l’expérience (VAE) ;
- bilan de compétences ;
- certification pour la création ou la reprise d’entreprise ;
- acquisition de compétences nécessaires à l’exercice des missions bénévoles ou volontaires en service civique ;
- préparation aux épreuves théoriques et pratiques au permis de conduire de tout véhicule terrestre à moteur (sous conditions).
Le Congé de Transition Professionnel (CTP)
Ce dispositif permet au salarié de s’absenter de son poste de travail pour suivre une formation certifiante dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle. Le cursus suivi peut être en lien ou non avec l’activité exercée.
Le congé relatif au projet de transition professionnelle (PTP) requiert l’accord de l’employeur. Ce dernier ne peut pas le refuser, mais peut différer le départ du salarié jusqu’à 9 mois maximum. Le salarié en congé pour PTP est rémunéré pendant toute la durée de sa formation.
Le Plan de Développement des Compétences
La mise en œuvre du plan de développement des compétences compte parmi les obligations légales des entreprises en matière de formation professionnelle. Il s’agit du cadre dans lequel l’employeur va pouvoir définir sa politique de formation au sein de sa structure.
Tous les salariés peuvent en bénéficier et l’employeur peut également choisir librement les collaborateurs qu’il souhaite envoyer en formation, en fonction des besoins de l’organisation. Le plan inclut alors :
- les formations obligatoires, nécessaires à l’exercice de l’activité ;
- les formations facultatives, initiées par l’employeur ;
- le bilan de compétences ;
- le parcours de validation des acquis de l’expérience (VAE).
Dans ce contexte, c’est à l’employeur qu’il revient de supporter le financement de la formation professionnelle.
La Reconversion ou Promotion par Alternance (Pro-A)
Les salariés du secteur privé souhaitant donner une nouvelle orientation à leur carrière peuvent recourir au dispositif Promotion par Alternance (Pro-A). La législation évolue à ce sujet et dès le 1er janvier 2026, Pro-A est remplacé par « la période de reconversion ».
Ce dispositif peut être sollicité par le salarié, mais l’employeur peut également l’inclure dans son plan de développement des compétences. Le parcours de formation s’effectue en alternance sur une durée de 6 à 12 mois (dérogations possibles), et ne peut bénéficier qu’au salarié dont le niveau de qualification est inférieur à la licence (bac+3).
Financements Spécifiques pour Différents Profils
Le financement de la formation professionnelle s’adresse à un large public de travailleurs.
Travailleurs indépendants : options de financement
Parmi les cotisations dont il s’acquitte, la contribution du travailleur non salarié (TNS) à la formation professionnelle permet à ce dernier d’obtenir le financement de certaines des actions de formation qu’il choisit d’initier.
Selon son profil d’entrepreneur, celui-ci doit se rapprocher de l’organisme compétent, comme l’Agefice pour les dirigeants non salariés du commerce, de l’industrie et des services, le FAFCEA pour les artisans, ou encore l’AFDAS pour les artistes auteurs.
Les formations que le travailleur indépendant peut se faire financer devront concerner :
- la création, la reprise ou la pérennisation d’une entreprise ;
- l’acquisition de compétences en management du chef d’entreprise ;
- son bilan de compétences ;
- sa VAE ;
- le permis de conduire de véhicules légers et lourds.
Pour tout autre type de formation, l’entrepreneur peut également mobiliser son CPF en vue de changer son orientation professionnelle.
Demandeurs d'emploi : Aide Individuelle à la Formation (AIF) et Action de Formation Conventionnée (AFC)
Les personnes inscrites en qualité de demandeur d’emploi peuvent, eux aussi, solliciter une aide au financement de leur formation professionnelle. Selon le cursus visé, ils peuvent adresser leur demande auprès de France travail, qui saura étudier le projet et les guider vers d’autres financeurs, tels que les opérateurs de compétences (OPCO), le Conseil régional ou une autre collectivité territoriale.
Plusieurs aides sont disponibles pour les demandeurs d’emploi. France travail soutient ces derniers au travers de l’Aide individuelle à la formation (AIF). Celle-ci peut prendre en charge tout ou partie du coût de la formation visée, ou peut s’ajouter en complément d’un autre financement.
De même, l’Action de formation conventionnée (AFC) participe à la montée en compétences des demandeurs d’emploi, tout en répondant aux besoins du marché du travail. Il s’agit d’une aide attribuée par France travail, qui permet de financer l’action de formation diplômante, certifiante ou qualifiante, sans reste à charge pour le bénéficiaire.
Travailleurs handicapés : dispositifs adaptés
Les travailleurs en situation de handicap ou d’invalidité ne sont pas laissés pour compte en matière de financement de la formation professionnelle. Une aide leur est spécifiquement allouée par l’organisme Agefiph d’un montant de 530 € portant sur les dépenses liées au départ en formation (déplacements, hébergement, repas, etc.).
Enfin, la CPAM vient en aide aux victimes d’accident de travail ou de maladie professionnelle en accordant un abondement supplémentaire sur leur compte CPF. Pour en bénéficier, le travailleur doit justifier d’un taux d’incapacité permanente à travailler supérieur à 10 %.
Autres Sources de Financement
Les OPCO : rôle et contributions
Les opérateurs de compétences (OPCO) sont les interlocuteurs privilégiés pour le financement de la formation professionnelle. Ces organismes agréés par l’État ont pour mission d’accompagner les entreprises dans la gestion des compétences et de la formation.
Ils ont également vocation à participer au financement de la formation professionnelle, notamment en matière de contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Leur rôle est également essentiel pour la mise en œuvre du plan de formation des petites et moyennes structures.
Le FNE-Formation et le FSE+ 2025
Le FNE-Formation est un dispositif d’aide visant à soutenir les entreprises confrontées aux grandes mutations économiques, qu’elles soient d’ordre écologique, sanitaire, numérique, sociologique, etc. Il concourt au développement des compétences des salariés en finançant des formations favorisant le maintien des actifs dans leur emploi, et portant notamment sur l’employabilité des seniors.
Le FSE+ ou Fonds social européen +, quant à lui, désigne un fonds structurel de l’Union européenne, dont la vocation consiste à offrir aux citoyens européens de meilleures perspectives professionnelles par le financement de la formation professionnelle. Ce financement public s’adresse particulièrement aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion, et œuvre dans leur réintégration sur le marché de l’emploi.
Le Compte d'Engagement Citoyen
Ce dispositif est rattaché au compte CPF et permet d'acquérir des droits à la formation directement versés sur le compte CPF. Ces droits sont acquis au titre de l’exercice d’une activité bénévole, de volontariat ou de maître d’apprentissage. L’abondement sur le CPF peut s’élever jusqu’à 240 € par année civile.
Comment Choisir le Bon Financement ?
Évaluer ses besoins et objectifs professionnels
Avant de sélectionner le financement de la formation professionnelle le mieux approprié, il convient de commencer par faire l’état des lieux de sa situation et de ses besoins en formation. Pour cela, il suffit de se poser les bonnes questions :
- À quel public correspondez-vous : travailleur handicapé, demandeur d’emploi, salarié en poste, etc. ?
- Dans quel but souhaitez-vous vous doter de nouvelles compétences : évoluer, changer d’entreprise, vous reconvertir, se voir confier de nouvelles responsabilités ?
- Quel est votre niveau de qualification actuel ? Le niveau visé ?
- Votre domaine d’activité est-il sinistré, porteur, évolutif ?
- Quelles modalités de formation envisagez-vous : cours du soir, modules à distance, en présentiel, en alternance ?
- etc.
Les réponses qui s’en dégagent constituent ainsi la feuille de route de votre projet de formation. Il vous appartient de la mettre en adéquation avec les objectifs professionnels que vous vous serez fixés. Il ne reste plus qu’à étudier les différents financements possibles, et sélectionner celui qui répond le mieux à vos attentes, mais également à celles du marché de l’emploi.
Comparer les dispositifs disponibles
Comme précédemment évoqué, il existe diverses solutions de financement de la formation professionnelle. Il est donc essentiel d’en effectuer le comparatif et de rechercher la plus optimale, présentant le plus de garanties de réussite quant à l’insertion professionnelle de l’apprenant.
Quel que soit son profil et ses objectifs, le travailleur peut à tout moment mobiliser les droits acquis sur son CPF s’il souhaite acquérir de nouvelles compétences, indépendamment de son activité ou de son employeur.
Dans le cadre d’un contrat de travail, il peut s’avérer judicieux de faire part à l’employeur de ses aspirations professionnelles, lesquelles peuvent peut-être faire l’objet d’un parcours d’apprentissage et s’inscrire dans le plan de développement des compétences de l’entreprise.
Enfin, dès lors que vous appartenez à un public spécifique (travailleur indépendant, en situation de handicap, demandeur d’emploi), il est préférable de s’adresser à l’organisme compétent. Celui-ci étudie chaque situation au cas par cas, et guide le futur apprenant vers la voie d’apprentissage qui lui correspond le mieux.
Démarches et Conseils Pratiques
Préparer sa candidature pour un financement
Une fois votre projet de formation clarifié, il est nécessaire de convaincre les organismes financeurs. Pour ce faire, vous devez contacter l'organisme compétent et vous enquérir des démarches à accomplir pour monter votre dossier de financement de la formation professionnelle.
Selon votre profil d’apprenant, l’OPCO correspondant à votre branche professionnelle, mais aussi France travail, ou encore la collectivité territoriale sollicitée vous informent sur les pièces à joindre à votre dossier. Il peut s’agir :
- d’une lettre de motivation exposant votre projet professionnel ;
- l’école ou l’organisme sélectionné pour dispenser la formation ;
- le programme et la durée du cursus privilégié ;
- le diplôme ou le titre préparé ;
- une enquête métier réalisée en amont ou une interview d’un professionnel qualifié ;
- un devis de l’organisme de formation ;
- le planning des cours ;
- l’accord écrit de l’employeur le cas échéant.
Les documents requis peuvent différer d’un établissement financeur à l’autre. Veillez toutefois à vous montrer exhaustif. En effet, l’accord de financement repose sur la qualité des éléments fournis.
Les erreurs à éviter lors de la demande
La demande de financement de la formation professionnelle doit être soigneusement étudiée. La moindre erreur dans vos démarches peut compromettre vos ambitions de montée en compétences et d’évolution professionnelle.
Parmi les erreurs les plus fréquentes, l’on retrouve :
- un manque d’anticipation quant aux différents dispositifs de financement à envisager, aux délais à respecter pour rendre son dossier, notamment lorsque celui-ci doit passer en commission ;
- un manque de cohérence entre le cursus pédagogique visé et les objectifs de carrière fixés ;
- un dossier incomplet ;
- ne pas s’être assuré de respecter les conditions d’éligibilité à la formation choisie (prérequis, niveau d’études).
S’offrir l’accompagnement de professionnels de la formation professionnelle permet de se prémunir de ces erreurs, lesquelles peuvent s’avérer coûteuses en temps et financièrement.
Témoignages et retours d'expérience
Prenons l’exemple de Ludivine B, dont l’objectif était d’opérer une reconversion professionnelle tout en restant dans son domaine d’activité : le médico-social. Agent hospitalier en quête de reconnaissance, elle souhaite améliorer ses conditions de travail et de rémunération. Elle choisit donc de se former en vue d’obtenir le Diplôme d’État d’accompagnement éducatif et social (DEAES).
Ludivine assiste à une réunion d’information et se conforme aux modalités d’inscription à la formation (examen oral requis) avant de procéder à la demande de financement. Elle opte pour une demande de congé de transition professionnelle, lui permettant de s’absenter de son poste pour se former pendant 10 mois.
Aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix. À l’issue de sa formation, Ludivine fait le point sur son avenir dans l’établissement où elle exerçait. N’étant plus en accord avec le projet de ce dernier, elle démissionne et signe un contrat de travail avec un autre établissement pour lequel elle exercera de nouvelles fonctions, en lien avec la formation suivie avec succès.
Conclusion et Ressources Complémentaires
Résumé des circuits de financement
Qu’il s’agisse de changer de métier, de retrouver un emploi, ou d’améliorer son niveau d’expertise, de nombreux dispositifs d’aides existent pour le financement de la formation professionnelle. Parmi eux :
- le CPF ;
- le projet de transition professionnelle (PTP), accident un congé pour se former ;
- le plan de développement des compétences mis en œuvre par l’entreprise ;
- la période de reconversion, qui vient remplacer le dispositif Pro-A ;
- l’AIF et l’AFC de France travail pour les demandeurs d’emploi ;
- les opérateurs de compétences pour les entrepreneurs selon leur branche d’activité ;
- la CPAM et l’Agefiph pour les personnes en situation de handicap ;
- les aides régionales, nationales ou européennes ;
- etc.
Il est avant tout nécessaire de bien étudier chaque aide et de veiller qu’elle corresponde au profil de l’apprenant, ainsi qu’à son projet de formation.
Liens utiles et contacts pour plus d'informations
N'hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels pour préciser les contours de votre projet de formation et obtenir son financement.
Les salariés trouveront appui auprès des OPCO pour leur apporter une première information quant aux démarches à tenir. Avant toute initiative, il est également recommandé pour ces derniers de vérifier leur capacité personnelle à financer leur formation eux-mêmes grâce à leur compte CPF.
Les organisations, elles, trouveront conseil auprès des acteurs œuvrant pour la montée en compétences des actifs. Les collaborateurs du Groupe Cimes se tiennent à leur écoute et les guident dans les méandres du financement de la formation professionnelle.

